L’Empathie Intégrative

Par Isabelle Filliozat

Notre théorie du développement de l’humain
L’enfant grandit en s’adaptant à son environnement. Les deux besoins fondamentaux de l’humain sont l’attachement et la liberté (ou pouvoir personnel). Si ces deux besoins sont nourris de manière appropriée, et si un trauma ne vient pas rompre le cours de l’existence, l’enfant se développe harmonieusement en relation avec son environnement. Si un besoin n’est pas rempli, le corps et le psychisme de l’enfant réagissent en conséquence. Toute carence ou dysharmonie dans la satisfaction des besoins fondamentaux de contact et de liberté va être à l’origine de développement de tentatives d’adaptations à la situation, ce seront autant de symptômes.
Ni inné, ni acquis, tout est épigénétique, c’est-à-dire à la fois inscrit dans les gènes, et modifié par l’environnement. Les études génétiques ont montré que les brins d’ADN peuvent être abimés par la maltraitance et sont transmis ainsi altérés sur trois générations. L’ADN mitochondrial, transmis par la mère, est lui aussi porteur d’information. Les scientifiques nous montrent aussi que nous ne sommes pas soumis à une quelconque dictature de nos gènes. Nous pouvons choisir nos comportements et réinformer notre ADN. Pour autant, ces influences sont à prendre en compte.
L’être humain enregistre ses expériences depuis sa conception… Et même depuis la période fœtale de sa maman ! En effet, quand une petite fille nait, elle a déjà dans ses ovaires tous ses ovules. Tout cela fait son vécu. La mémoire consciente réorganise ce vécu inconscient issu des périodes précédent son apparition.
L’enfant élabore son sentiment d’identité, ses croyances sur lui-même, sur les autres et sur la vie en s’appuyant sur ses expériences. Ses comportements, réactions émotionnelles, attitudes au monde sont le résultat d’intrications entre sa physiologie spécifique et les nécessités de son environnement.
La première année de sa vie, le bébé construit sa sécurité intérieure. De réponses rapides à ses besoins physiologiques et psychologiques l’aident à construire cette sécurité. Il a besoin d’interactions avec ses figures d’attachement. Être porté, nourri, câliné, regardé… Au cours de sa seconde année, il développe plus particulièrement sa confiance en sa personne propre, il a besoin de choisir, d’exercer son pouvoir personnel, de sentir sa liberté de choix. Dans sa troisième année, il développe la confiance en ses compétences, il explore, veut faire, et « tout seul » est son maître mot. Dans sa quatrième année, il entre dans l’imaginaire, négocie, développe son cerveau frontal et commence à intégrer le futur. De cinq à douze ans, il construit sa personne sociale. De treize à dix-huit, il traverse l’adolescence, période de transformation physique, psychique et sociale, l’éveil à la sexualité, et le remaniement de son cerveau. Le jeune adulte jusqu’à vingt-huit ans continue de développer son cerveau frontal, ses capacités d’abstraction et de l’empathie intégrative.
Notre théorisation du stress et du traumatisme
Lorsque l’organisme rencontre un accident, un agent stresseur, il y a trauma, stress. Le SGA, Syndrome Général d’Adaptation, se déroule en trois phases, charge, tension, décharge. Le corps réagit par la fuite, l’attaque ou le figement. Lorsque la régulation naturelle de l’organisme ne peut pas se faire (pleurs, tremblements, émotions, décharge énergétique), quand l’énergie reste bloquée, quand la personne ne peut parler, exprimer ses émotions et intégrer ce qui lui est arrivé, le trauma devient traumatisme. Le stress inhibe le processus de dépassement de l’expérience, le traumatisme ne peut être perlaboré, l’humain s’adapte, son développement continue sur une base inappropriée. La personne élabore des croyances, développe des comportements, des attitudes sociales et des réactions émotionnelles lui permettant de continuer à vivre en contenant ses affects.
Les symptômes reflètent une adaptation de la personne. Le travail thérapeutique vise à identifier le (les) trauma(s) ainsi que l’environnement ayant commandé ces nécessités adaptatives.
Dans le traumatisme, la personne est restée figée, au moins dans une partie de son corps et de son psychisme. Il s’agit de la remettre en mouvement. Pour cela, il est nécessaire d’identifier le trauma et d’en mesurer l’impact sur les différentes dimensions de l’expérience de la personne.
Les objectifs

  • Identifier les traumatismes et les conditions de l’environnement ayant mené à l’élaboration du système de croyances, de pensées, d’attitudes relationnelles et de réactions émotionnelles l’adaptation spécifique de la personne.
  • Restaurer la capacité d’attachement et d’intimité
  • Elargir la conscience de soi jusqu’à l’interactivité. (alphabétisation émotionnelle, questionnement, guidage vers émotion, comportement, pensée, interactivité)
  • Opérer de nouvelles connexions dans le cerveau de manière à s’ouvrir à de nouvelles options comportementales.
  • Acquérir de la liberté, restaurer le sentiment de son pouvoir personnel puissance personnelle et développer son autonomie.

 

L’approche empathique intégrative s’inscrit dans le courant humaniste, le paradigme de l’attachement et la psychologie positive. Elle emprunte à l’Analyse Transactionnelle, à la gestalt, au travail reichien, à la méditation, à la Programmation Neuro-Linguistique, à la systémie, aux travaux de psychologie sociale, et aux neurosciences. Elle intègre les outlis et perspectives théoriques pertinentes de ces différentes approches. Très pragmatique, elle a développé des exercices qui se retrouvent dans des approches cognitivo-comportementales de la troisième vague.

Les moyens

 

  • L’alphabétisation émotionnelle
  • Le contact et l’acceptation inconditionnelle sans jugement.
  • L’empathie intégrative (somatique et verbale)
  • Le questionnement précis et autres interventions verbales permettant les prises de conscience.
  • L’attention portée aux sensations qui informent sur le sentiment d’identité.
  • Le déblocage des tensions, par la respiration, la méditation, la décharge corporelle des tensions ou des émotions.
  • L’accueil des émotions. Clarification de la réaction émotionnelle, fonctionnelle ou dysfonctionnelle. Elucidation des causes. Accompagnement de la charge et de la décharge émotionnelle.
  • L’attention portée au processus et à la relation ici et maintenant.
  • Prise en compte des cofacteurs psychosociaux, nutritionnels et environnementaux.

 

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